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Johanna Renou

Je m’appelle Johanna Renou. J’ai 22 ans. Originaire de Tours, j’ai déménagé à Paris il y a 2 ans afin de poursuivre mes études en Direction Artistique. J’aime les bandes originales de Hans Zimmer, la folie de Quentin Tarantino, les films d’animation de Michel Ocelot, les contes modernes de Woodkid, les couleurs vives, les idées créatives et les belles histoires.

 À travers cette affiche j’ai voulu illustrer les notions de désir et de risque, qui sont au coeur du film, de façon synthétique et percutante. Ces deux notions sont aussi présentes dans l’accroche « Comment résister à l’attraction ? ». Le mot attraction évoque ici le désir de Jean, comment résister au désir qu’il éprouve pour Stacy, mais il fait également référence à l’attraction terrestre et au risque de chute. Comme l’imagination alimente le désir, j’ai décidé d’illustrer les deux personnages avec des silhouettes. J’aime l’ambiguïté de la silhouette de l’homme qui peut à la fois représenter le réalisateur Vincent ou son alter ego Jean. Le visage silhouette de Stacy reflète l’obsession de Jean pour les visages féminins et pour les gros plans. La chute symbolise les deux facettes de la tragi-comédie. L’affiche fait aussi écho aux risques que prend Jean dans sa vie : celui de tomber amoureux de son actrice, celui du désir, ou encore le risque de passer du cinéma formaté dans lequel il évolue au départ à un film plus personnel et plus libre.

Vincent Dietschy

Passée la surprise de voir les années 70 de Brian de Palma (présent dans Notre Histoire à travers les thèmes musicaux de Blow Out) renaître au cœur du geste créatif d’une aussi jeune femme que Johanna Renou, la fréquentation de son affiche n’a pas cessé de me faire jubiler, par son mélange de justesse et de culot. Car ce que l’affiche de Johanna met en scène, ce n’est ni plus ni moins que le risque : le risque de l’amour, le risque de l’art, et peut-être aussi, le risque du désir. Évidemment, cet homme sur le point de quitter le noir et le violet de sa falaise pour tomber dans ce vide abyssal figurant un visage, ironiquement de couleur rose qui plus est, m’évoque le burlesque de Buster Keaton (autre référence de Notre Histoire), mais aussi Gilles Deleuze quand il cite Marcel Proust : « Je ne désire pas une femme, je désire aussi un paysage qui est enveloppé dans cette femme, un paysage qu’au besoin je ne connais pas et que je pressens, et tant que je n’aurai pas déroulé le paysage qu’elle enveloppe, mon désir n’aura pas abouti ». Mais ce n’est pas tout. Cette très graphique invitation au rêve (ou au cauchemar ?) m’apparaît bourrée de malice à l’égard de mon propre geste de cinéaste. À la fois par d’infimes détails – que je vous laisse scruter -, et par le mouvement de son idée, magnifiquement réalisée, Johanna adopte le point de vue masculin pour décrire les affres de la passion, où s’affrontent, dangereusement, vie privée et vie professionnelle : vies du personnage, vies de l’acteur, et qui sait, vies du réalisateur, auxquels la petite silhouette en passe de faire une chute libre – c’est le cas de le dire -, peut faire également penser. Trois vies, trois dimensions présentes dans Notre Histoire, mises en scène ici avec humour et tendresse par Johanna.